Afrique du Sud : 310 licences crypto accordées, la FSCA renforce ses contrôles AML
Par Bite Fast · publié le
Au 31 mars 2026, la FSCA a approuvé 310 licences crypto sur 533 demandes. Inspections AML, 81 enquêtes, Directive 9 : ce qui change pour les acteurs.
Trois ans après l'ouverture de son régime de licences, la Financial Sector Conduct Authority (FSCA), l'autorité sud-africaine qui encadre la conduite des acteurs financiers, change de priorité. La plupart des demandes de licence ont été traitées. Le régulateur vérifie désormais que les prestataires agréés respectent réellement leurs obligations de lutte contre le blanchiment. Cet article présente les chiffres officiels et leurs conséquences concrètes pour les projets crypto, les communautés de traders et les affiliés.
Les chiffres officiels au 31 mars 2026
Les cryptoactifs sont des produits financiers au sens de la loi FAIS depuis octobre 2022. Toute entreprise qui propose des services liés aux cryptoactifs doit donc obtenir une licence de prestataire de services sur cryptoactifs (CASP). Ces services comprennent par exemple les plateformes de négociation, les fournisseurs de portefeuilles et les conseillers en investissement. Le processus d'attribution des licences a commencé le 1er juin 2023.
La FSCA a arrêté ses chiffres au 31 mars 2026, date de clôture de son exercice 2025/2026. Voici le bilan :
• 533 demandes de licence reçues ;
• 310 demandes approuvées ;
• 17 demandes refusées ;
• 124 demandes retirées par les candidats eux-mêmes, après des échanges avec la FSCA sur la pertinence de leur modèle d'activité et d'exploitation .
D'après notre calcul (533 − 310 − 17 − 124), il restait donc 82 dossiers non tranchés à cette date.
Pour comparaison, au 12 décembre 2025, la FSCA avait reçu 512 demandes : 300 avaient été approuvées, 14 refusées et 121 retirées volontairement. En un peu plus de trois mois, les demandes ont donc augmenté de 21 et les approbations de 10. Le rythme ralentit nettement : la phase d'attribution des licences touche à sa fin.
Pourquoi des dossiers sont refusés ou retirés
La FSCA cite deux motifs principaux :
• La capacité opérationnelle. Certains candidats n'ont pas pu présenter un plan d'affaires suffisamment clair ni expliquer comment leurs activités crypto seraient organisées.
• La compétence. D'autres n'ont pas démontré les connaissances et l'expérience pratique des cryptoactifs exigées pour obtenir une licence.
Les candidats refusés ou ayant retiré leur dossier peuvent déposer une nouvelle demande dès qu'ils peuvent prouver qu'ils respectent les exigences. En attendant, ils ne peuvent exercer aucune activité de CASP au sens de la loi FAIS.
Moins de nouvelles licences, plus de contrôles anti-blanchiment
La FSCA ne se contente pas d'attribuer des licences. Elle contrôle aussi le respect par les CASP de leurs obligations de lutte contre le blanchiment (AML), contre le financement du terrorisme (CFT) et contre le financement de la prolifération (CFP), prévues par la loi FICA.
30 inspections en 2025/2026, 35 prévues en 2026/2027
D'avril 2025 à mars 2026, la FSCA a mené 30 inspections. Elle a vérifié la conformité des CASP et leur capacité à respecter leurs obligations après l'obtention de la licence. Pour la suite, elle prévoit 35 inspections de CASP consacrées à la conformité AML/CFT/CFP durant l'exercice 2026/2027. En cas de manquement, la FSCA peut suspendre ou retirer la licence.
Les faiblesses relevées lors des inspections
La FSCA a publié les défauts les plus fréquents. Les programmes internes de gestion des risques et de conformité (RMCP) traitaient souvent mal la vigilance continue envers les clients, la surveillance des comptes, la détection des opérations inhabituelles, les déclarations de soupçon et le filtrage des sanctions. Le régulateur a aussi relevé des difficultés avec la « travel rule » : certains CASP n'ont pas pu prouver qu'ils savaient transmettre et recevoir les informations qui doivent accompagner les transferts de cryptoactifs.
81 enquêtes visent des activités sans licence
La FSCA a ouvert 81 enquêtes sur des entités soupçonnées d'exercer une activité de CASP sans autorisation. Trente sont terminées et 51 se poursuivent. Le message est clair : toute personne ou institution qui exerce une activité de CASP sans licence fera l'objet de mesures d'exécution.
La Directive 9 : la « travel rule » appliquée aux cryptoactifs
Le Financial Intelligence Centre (FIC) est la cellule sud-africaine de renseignement financier. Il a publié la Directive 9 en novembre 2024, et le texte est entré en vigueur le 30 avril 2025. Cette directive met en œuvre la recommandation 16 du GAFI, l'organisme international qui fixe les normes de lutte contre le blanchiment.
Points essentiels :
• Elle s'applique sans exception. Ni le FIC ni la FSCA ne peuvent accorder de dérogation. Tous les CASP doivent s'y conformer pleinement, quels que soient leur taille ou leur type.
• Le calendrier est strict. Les informations prescrites doivent être transmises avant l'exécution du transfert ou au même moment.
• Elle vise aussi les portefeuilles auto-hébergés. Les CASP doivent mettre en place des procédures fondées sur les risques pour les transferts impliquant des portefeuilles que les clients gèrent eux-mêmes.
Exemple concret. Un client envoie des stablecoins depuis une plateforme agréée vers une autre plateforme. La plateforme d'envoi doit transmettre les informations requises au plus tard au moment du transfert. Si elle n'est pas techniquement capable de le faire, elle ne respecte pas la directive.
À noter : la Directive 12 et le dépôt annuel du RMCP
Le cabinet Horizon Compliance signale une obligation plus récente. En septembre 2026, le FIC a publié la Directive 12. Elle oblige notamment les CASP à soumettre chaque année leur RMCP au FIC via la plateforme goAML, avec un premier dépôt dû au plus tard le 31 octobre 2026.
Ce que cela change pour vous
Projets qui visent une cotation ou un launchpad
Les inspections portent surtout sur la vigilance envers les clients et la traçabilité des transferts. Les plateformes sérieuses vérifieront donc davantage les projets qu'elles cotent. Préparez :
• un plan d'affaires clair et documenté ;
• une équipe identifiée et soumise au KYC (vérification d'identité) ;
• un audit de smart contract vérifiable.
Chez Bite Fast, chaque projet passe une vérification KYC et anti-blanchiment avant toute cotation. Les projets anonymes, sans audit vérifiable ou visés par une mise en garde sont refusés. Aucune cotation n'est garantie.
Communautés de traders, formateurs et IB
• Avant de recommander une plateforme qui sert des clients en Afrique du Sud, consultez la liste officielle des CASP agréés publiée par la FSCA : https://www.fsca.co.za. Cette liste indique aussi les prestataires qui ont retiré les cryptoactifs de leur offre et ceux dont la licence a expiré ou a été retirée.
• Prévenez vos membres : la travel rule peut entraîner des demandes d'informations supplémentaires lors des transferts. C'est une obligation réglementaire, pas forcément le signe d'un problème.
• Rappelez une règle simple : aucune plateforme légitime ne demande une phrase de récupération (seed phrase), une clé privée ou un mot de passe. Aucun membre de l'équipe Bite Fast ne vous les demandera.
Affiliés et créateurs de contenu
Avec des contrôles plus stricts, les promesses de rendement et les incitations trompeuses vous exposent davantage. Rappelez aussi que la licence FSCA ne fait pas de la crypto une monnaie légale : la Banque de réserve sud-africaine ne reconnaît pas les cryptoactifs comme une monnaie.
Précision sur Bite Fast
Cet article est un article d'actualité. Il ne dit rien du statut réglementaire de Bite Fast. Toute information officielle sur ce sujet sera publiée uniquement par l'équipe Bite Fast, après confirmation écrite. Bite Fast applique des procédures KYC et AML à ses utilisateurs et à chaque projet avant cotation.
Vous êtes un projet crypto, un administrateur de communauté, un IB ou un affilié ? Découvrez la plateforme et ses services (trading au comptant, P2P, staking, launchpad) sur bite-fast.com : https://bite-fast.com?utm_source=coinbosa_news&utm_medium=article&utm_campaign=bfx.
Avertissement sur les risques
Les cryptoactifs sont très volatils. Le trading, le staking et la participation à des lancements de jetons peuvent entraîner la perte totale du capital investi. Aucun rendement, prix, volume ni aucune liquidité ne sont garantis. Cet article est fourni à titre d'information. Il ne constitue ni un conseil d'investissement, ni un conseil juridique.
Sources
• FAnews : communiqué de la FSCA sur les licences et la supervision des CASP (15 avril 2026) : https://www.fanews.co.za/article/compliance-regulatory/2/financial-sector-conduct-authority-fsca-was-fsb/1059/update-on-licensing-and-supervision-of-crypto-asset-service-providers/43764
• Masthead : Update on Licensing and Supervision of Crypto Asset Service Providers : https://www.masthead.co.za/newsletter/update-on-licensing-and-supervision-of-crypto-asset-service-providers/
• Moonstone : FSCA highlights common CASP compliance failures : https://www.moonstone.co.za/fsca-highlights-common-casp-compliance-failures/
• IOL : point de la FSCA de décembre 2025 : https://iol.co.za/personal-finance/financial-planning/2025-12-19-fsca-updates-on-licensing-and-supervision-of-crypto-asset-service-providers/
• FIC et FSCA : avis conjoint sur la Directive 9 (17 avril 2025) : https://www.fic.gov.za/wp-content/uploads/2025/04/2025.4-GN-Advisory-Travel-Rule-17-April-2025-2-1.pdf
• Moonstone : No exemptions, all CASPs must adopt travel rule directive : https://www.moonstone.co.za/no-exemptions-all-casps-must-adopt-travel-rule-directive/
• Bizmag : The Travel Rule and Regulatory Reporting : https://bizmag.co.za/crypto-asset-service-providers-the-travel-rule-and-regulatory-reporting/
• Notabene : Crypto Travel Rule Regulations in South Africa : https://notabene.id/world/south-africa
• Horizon Compliance : Crypto recap for 2026 (Directive 12) : https://www.horizoncompliance.co.za/complianceblog/crypto-recap-for-2026
• DLA Piper Africa : FSCA Update on Licensing and Supervision of CASPs : https://www.dlapiperafrica.com/en/south-africa/insights/2026/FSCA_Update_on_Licensing_and_Supervision_of_Crypto_Asset_Service_Providers
Le trading et les crypto-actifs comportent un risque élevé de perte en capital. Contenu éducatif, pas un conseil en investissement.